Cascade de Vulvoz, Jura

C’était cet été, une très chaude journée de Juillet. Les rayons du soleil étaient bouillants, l’air était sec et suffocant, une sensation de Sahara, sans même y être allée je le sentais, c’était à s’y méprendre. Imaginez, le Jura, département de montagnes, de plaines et de vallées, si éloigné des dunes et pourtant si semblable, le temps d’un été.

Épargnés par cette fièvre éphémère, des Éden luxuriants et frais se dissimulent au cœur des forêts. Tapis dans l’ombre des chênes, d’irréductibles lieux se refusent aux assauts caniculaires de l’astre tout puissant.

Le long d’une route sinueuse, un décrochement sur la droite.

Croire que tous les plus fabuleux endroits se méritent après d’interminables heures d’effort n’est pas toujours exact. Et ce lieu en est témoin. Seulement quelques pas et l’étuve cesse, un fredonnement, une ode salutaire, une consolation. L’eau précieuse berce de son chant les oreilles des pèlerins, elle désaltère les sols assoiffés, elle nourrit le monde, et elle enchante le paysage. Peu importe le commencement de sa source, l’eau a ses mystères, la montagne régurgite le nectar et dans sa mise en scène, est joué un spectacle merveilleux.

Les plus ardents rayons de soleil dont les arbres n’ont pu stopper la progression illuminent le cours d’eau. La nature devient un divertissement, et ne le sachant pas elle même, rend la vision plus touchante encore. L’eau par sa force sculpte la roche, et de cette agression naissent canyons et marmites. Enfantés de cette passion destructrice, ils demeurent pourtant, leurs plus beaux héritiers.

De la main de l’homme qui n’a jamais ignoré ni la beauté ni l’intérêt du phénomène, ont été bâtis moulins et ponts, roues et boyaux de fer. Mais cet autre temps n’est plus, et aujourd’hui ne subsistent que des décombres, des restes de fondations, des ponts qui s’abîment, meurtris par le temps qui les ronge inlassablement, blessés par les hommes qui foulent de leurs pas lourds ses dalles fragilisées.

Une vasque d’eau turquoise enchanteresse dans laquelle se précipite une eau qui n’a ni commencement ni fin, une végétation protectrice, une paroi rocheuse humide et rugueuse revêtue d’un habit marbré qui danse un ballet élégant, tel est ce lieu, telle est cette nature.

En contrebas du sentier qui n’est que le relayeur de cette harmonie, le pèlerin peut assister à un spectacle assourdissant et majestueux. L’eau vive n’achève pas sa course, elle saute un obstacle de trente mètres déferlant dans un bassin azur, puis prolonge son destin vers un ruisseau beaucoup moins tumultueux.

C’était une journée très chaude, et je garderai de ce lieu, les plus belles couleurs que je n’ai jamais vues, et les plus douces sensations que je n’ai jamais ressenties.

Cascade de Vulvoz, Jura


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